mercredi 27 février 2008

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street

Film américain de 2008

De Tim Burton
Avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman
Scénario : John Logan d'après l'oeuvre de Stephen Sondheim
Image : Dariusz Wolski
Montage : ChrisLebenzon
Durée : 1h55

Film fidèle à l'univers de Tim Burton, il mélange deux genres antinomiques : la comédie musicale et le film d'horreur. Le résultat est à la fois surprenant, original, rempli d'humour (très) noir et vraiment réussi.

Le film raconte l'histoire de Sweeney Todd (Johnny Depp), barbier de Londres, envoyé injustement en exil : le juge étant tombé amoureux de sa magnifique femme, cet éloignement lui permet de la conquérir. A son retour à Londres, apprenant la mort de sa femme aimée et que le juge est devenu le père adoptif de sa fille, il décide de se venger.

Commence alors une histoire macabre où les clients que le barbier à rasé de trop près sont transformée en tarte à la viande de la cuisinière Mme Lowett. Ces tartes relancent son restaurant et attire le tout Londres.

Ce film a été récompensé par 2 Golden Globes : meilleure comédie ou comédie musicale et meilleur acteur dans une comédie ou comédie musicale pour Johnny Depp.

dimanche 10 février 2008

Lust, Caution

Film chinois de 2008

D'Ang Lee
Avec Tony Leung Chiu Wai, Tang Wei, Joan Chen
Scénario : Ang Lee et Hui-Ling Wang d'après l'oeuvre de Eileen Chang
Image : Rodrigo Prieto
Montage : Tim Squyres
Durée : 2h38
Lion d'or à Vénise (2007)

Durant la seconde guerre mondiale, sous l'occupation japonaise un groupe d'étudiants Hong Kongais montent des pièces de théatre patriotiques pour résister à leur niveau. Ils décident de profiter des vacances scolaires pour entrer véritablement dans la résistantce. La jeune Wong (Tang Wei), la meilleure actrice du groupe, est chargé d'approcher M. Yee (Tony Leung Chiu Wai), un des chef de la collaboration avec les Japonais. Wong devient alors la belle séductrice Mme Mak
M. Yee est un homme a la fois redoutable et très méfiant. Il se révèle une cible beaucoup plus difficile à atteindre que prévu. La relation entre la jeune Wong et M. Yee va se complexifier : celle-ci va devoir devenir sa maîtresse. Wong décide de jouer le jeu jusqu'au bout : Mme Mak étant scencée être mariée, Wong va devoir perdre sa virginité avec un des membres de la résistance, plus habitué aux relations avec des prostituées qu'avec des ingénues.
Le film est servi par une photographie magnifique. Les scenes de sexe sont par opposition laides. M.Yee y exprime sans doute la violence qu'il a contenu dans les interrogatoires d'opposants qu'il a mené auparavant. Du côté de Wong, on ne sait jamais si celle-ci souhaite ce qu'il arrive ou si elle est dépassé par le personnage de M.Mak.
Le film a reçu un accueil mitigé de la critque malgré le Lion d'or.

samedi 2 février 2008

No Country for Old Men – Non ce pays n’est pas pour le vieil homme

Film américain de 2008
De Joel et Ethan Coen
Avec Javier Bardem, Josh Brolin, Kelly MacDonald, Tommy Lee Jones
Scénario : Joel et Ethan Coen
Image : Roger Deakins
Montage : Roderick Janes
Durée : 2h02

Non ce pays n’est vraiment pas pour le vieil homme ! Le vieil homme en question est le shérif (Tommy Lee Jones) complètement dépassé par la violence qui s’est établie au Texas. Il est loin le bon vieux temps où l’on n’était pas obligé de porter une arme pendant le service. C’est une vague de meurtres sans précédent qui va même se dérouler sous ses yeux ébahit sans qu’il puisse faire quelque chose pour l’arrêter ayant toujours un train de retard.


Llewelyn Moss (Josh Brolin) est un loseur, vétéran du Vietnam, qui vit avec sa copine dans une caravane au Texas près de la frontière mexicaine. En chassant dans le désert, il découvre le lieu d’une hécatombe : une dizaine de cadavres de mexicains, une camionnette remplie de drogue et surtout une mallette contenant 2 millions de dollars en liquide ! En s’emparant du magot, Llewelyn s’attend à des ennuis mais pas à être pris en chasse par Anton Chiburgh (Javier Bardem), meurtrier psychopathe représentant le mal absolu, jouant avec la vie des personnes croisant sa route à pile ou face et tuant les malchanceux à l’aide d’une bombonne d’air comprimé. Comme alors une chasse poursuite palpitante où Anton Chiburgh, qui semble indestructible, ne va pas laisser une minute de répit à sa proie.


Ce film est un des meilleurs des frères Coen. Comme d’habitude, la photographie est magnifique : les panoramas texans sont vertigineux. La chasse à l’homme ne laisse pas de répit au spectateur, on passe de motel en motel, le nombre de morts d’accumulant au passage. Anton Chiburgh est comme un chat, il attaque toujours au moment où l’on s’y attend le moins. Les frères Coen jouent avec nos nerfs : pas de musique, juste des bruits qui nous font peur : Anton n’est jamais bien loin…Et dans sa folie rien ne peut l’arrêter… Le film est violent, mais paradoxalement il provoque parfois le rire, mais toujours un rire nerveux.

mercredi 23 janvier 2008

It's a free world


Film britannique de 2008
De Ken Loach
Avec Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek, Joe Siffleet
Scénario : Paul Laverty
Image : Nigel Willoughby
Montage : Jonathan Morris
Durée : 1h33

Angie travaille dans une agence de recrutement, qui cherche de la main d’œuvre bon marché en Europe de l’Est pour les faire travailler dans des usines britannique. En refusant les mains baladeuses d’un de ses supérieures Angie se faire virer. Elle décide alors de monter sa propre agence de recrutement à l’aide de sa colocataire Rose.


L’agence ouverte par Angie n’a rien de très légal : elle accueille la main d’œuvre immigrée dans une arrière cours à laquelle elle distribue le travail. Les premiers arrivés sont les premiers servis, les autres n’ont plus qu’à repartir bredouille en espérant obtenir un travail le lendemain. Angie, qui a crée son entreprise pour ne plus être exploitée, exploite les ouvriers immigrés sans aucun remord, se faisant même de l’argent sur leur dos en leur sous louant des appartements. Le film montre que l’argent corrompt toutes les âmes : Angie prend pitié d’une famille iranienne sans papier, met tout en œuvre pour les aider : elle leur trouve travail et logement. Mais quand le logement qu’ils occupent peut servir à d’autres travailleurs immigrés plus rentables, elle n’hésitera pas à les dénoncer aux services de l’immigration. Ce film très réaliste montre un visage très sombre de notre société : celui qui n’exploite pas l’autre devient l’exploité. Angie, mère célibataire criblée de dettes, doit se battre dans sa vie pour s’en sortir, et sa réussite semble devoir écrasé celle d’autrui. Notre système ne semble pas fait pour la solidarité. On survit au dépend des autres.

mardi 15 janvier 2008

Sur les quais

(On the Waterfront)
Film américain de 1954, n.b.
D'Elia Kazan
Avec Marlon Brando, Karl Malden, Lee J.Cobb, Rob Steiger, Eva Marie Saint
Scénario : Malcom Johnson et Budd Schulberg
Image : Boris Kaufman
Montage : Gene Milford
Production : Sam Spiegel
Durée : 1h43

8 oscars : Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur (Marlon Brando), meilleur second rôle féminin (Eva Marie Saint), meilleur direction artistique, meilleur photographie et meilleur montage.

Lion d'argent au Festival International du Film de Venise

Terry Malloy (Marlon Brando) est un jeune docker. Son frère Charley (Rod Steiger) est un avocat travaillant pour le compte de Johnny Friendly (Lee J.Cobbs), le puissant patron du syndicat des dockers et véritable gangster. Ce dernier rackette les ouvriers du port : il leur réclame de l'argent contre des jetons de travail : sans se jetons, les dockers ne peuvent subvenir aux besoins de leur famille. Lorsque certains essaye de dénoncer les manières de Friendly à la police, ils sont exécutés par ses hommes de main, dont Terry fait partie. Mais sa rencontre avec Edie Doyle (Eva Marie Saint), la soeur d'une des victimes, va lui faire ouvrir les yeux et il va entamer une lutte pour renverser Johnny Friendly de la tête du syndicat.

Ce film est exceptionnel, notamment grâce à l'interprétation des acteurs venus de la scène théâtrale New-Yorkaise de l'après guerre. Marlon Brando, au summum de sa beauté, interprète un de ses plus grands rôles.

dimanche 13 janvier 2008

Into the Wild

Film américain de 2008

De Sean Penn
Avec Emile Hirsch, Catherine Keener, William Hurt, Vince Vaughn
Scénario : Sean Penn
Image : Eric Gauthier
Montage : Jay Cassidy
Production : Sean Penn, Art Linson, Bill Pohlad
Durée : 2h29

Christoper McCandless, brillant étudiant, vient tout juste d'être diplômé. Il semble promis a un grand avenir. Cependant, il décide de tout quitter, famille, argent, amis, études pour vivre dans la nature, pour se détacher du matérialisme de la société dans laquelle nous vivons et vivre en harmonie avec la nature. Avec juste un sac à dos, il va parcourir les Etats-Unis, traversant des champs de blé, des canyons... de la Californie jusqu'à son objectif final : l'Alaska.
La photographie de Into the Wild est extraordinaire : la nature, le personnage principal du film, se montre écrasante face à l'homme. Que peut l'homme seul perdu dans la nature ? Pas grand chose : la nature est un milieu sublime, mais hostile, et les éléments les plus dangereux ne sont pas toujours ceux que l'ont croit. Alors que l'ours et les loups semblent relativement inintéressés par la présence du héros, se seront des baies qui seront fatales à Christopher McCandless, alias Alexander Supertramp.

La Graine et le Mulet

Film français de 2007
D’Abdellatif Kechiche
Avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache, Abdelhamid Aktouche, Bouraouia Marzouk
Scénario : Abdellatif Kechiche
Image : Lubomir Bakchev
Montage : Ghalya Lacroix, Camille Toubkis
Production : Claude Berri
Durée : 2h31

Slimane, ouvrier dans un chantier naval, est licencié. A l’aide de sa fille, il décide de créer sa propre entreprise : il veut rénover une épave pour la transformer en bateau restaurant spécialisé dans le couscous au poisson. Il va se heurter au scepticisme des autorités pour monter son projet : banque, douane, services municipaux, tous pensent que son projet n’a aucune chance de réussir. Pour les convaincre, Slimane et sa fille vont décider d'organiser une soirée couscous pour leur démontrer que le projet est viable.

Dans ce film, il est beaucoup question de la famille notamment sur les familles recomposé et la difficulté pour les enfants d'accepter que leur père puisse refaire sa vie avec une autre femme, et comment alors accepter sa fille ? Comment se faire accepter également dans une famille qui n'est pas de la même culture ? Malgré cela, quand les membres de la famille décide de s'unir, ils peuvent surmonter les difficultés de la vie. Sans sa femme, son ex-femme et ses enfants, jamais son projet ne pourrait voir le jour : sa fille l’aide a demander des prêts et convaincre les autorités de la viabilité de son projet, tandis que ses fils s’occupent de réparer l’épave et son ex-femme de cuisiner le couscous. Cependant, il suffit d'une personne pour que tout risque de tomber à l'eau : le soir de la soirée le fils de Slimane s'aperçoit que sa maîtresse est invitée et s'enfuit avec la voiture dans laquelle la graine du couscous est restée...

Le film aurait gagné à perdre un peu en durée : l’histoire tarde à commencer, mais au bout d’une heure de film, on se retrouve embarqué dans cette histoire absolument poignante de persévérance. Cependant la durée du film permet d’installer l’atmosphère et les personnages, qui ont besoin de temps pour faire sortir tout ce qui est enfouis au fond d’eux. Slimane doit non seulement surmonter des épreuves inhérentes à la création d’entreprise mais également au drame de la vie quotidienne : sa belle-fille est trompée par son mari tandis que celui-ci reçoit des coups de fil de ses maîtresses chez sa propre mère, ses sœurs se chargeant de prendre les messages pour lui.